Notre Programme

Notre Programme

Notre programme pour les élections municipales de 2020 se déclinait en 8 blocs thématiques, à la fois distincts et complémentaires. Chaque bloc se présentait de la manière suivante : un titre, une citation en exergue, une introduction explicative de nos valeurs, nos engagements-phares, nos autres engagements, quelques phrases conclusives. Vous pouvez lire, écouter chacun de ces blocs séparément et télécharger l’ensemble du programme au format pdf. Bonne lecture, écoute et réflexion à toutes et tous !
1 – AYONS LE GOÛT DU RIC ! DÉMOCRATIE, EN AVANT TOUTE !
L’une des marques de la liberté, c’est d’être tour à tour gouverné et gouvernant.

Chaque jour, la démocratie est vidée de son sens, à cause du pouvoir vorace et liberticide de quelques-uns. Chaque jour, certains esprits, par naïveté ou calcul clientéliste, imaginent que de simples mesurettes, « participatives » ou « de proximité », vont résoudre le problème. Nous pensons, pour notre part, que la gravité de la situation exige des changements en profondeur, plaçant résolument le peuple au centre des institutions. C’est à cette condition, mère de toutes les autres réformes, que sera surmontée la crise de la démocratie soi-disant représentative et que Tours et la Métropole deviendront les fers de lance du peuple enfin décisionnaire.

Nos engagements-phares

- Instaurer le Référendum d’Initiative Citoyenne (RIC). Destiné à proposer ou abroger une décision municipale, il devra réunir au moins 2 800 signatures (2 % de la population de la ville) parmi les habitants français ou étrangers de 18 ans et plus. Le conseil municipal devra alors se saisir de la demande et, s’il s’y oppose, organiser un référendum. Un RIC, à l’échelle métropolitaine, sera aussi mis en projet et proposé aux autres municipalités.

- Mettre en œuvre le Référendum d’Initiative Municipale (RIM) pour tous les grands projets (urbanisme, transports, etc. ).

- Faire entrer les habitantes et les habitants dans tous les lieux-clés de la décision publique (commissions de la Ville et de la Métropole, comités de projet, de pilotage ou de suivi, réunions préparatoires à l’attribution des subventions aux entreprises et associations...). Ainsi, grâce à leur présence, plus aucune décision ne sera prise dans l’entre-soi des grands élus affairistes, des lobbies et des « experts », et chacun se familiarisera avec la vie publique.

- Pour rendre la parole et le pouvoir aux citoyennes et citoyens, il faut un lieu où la démocratie puisse vivre de façon permanente. Ce lieu sera la Maison du peuple. L’Assemblée Citoyenne qui y siégera travaillera en étroite relation avec les 8 conseils de quartier et les 6 conseils citoyens afin que tous les acteurs de la démocratie soient présents et agissants pour le bien commun de notre Ville, de la Métropole et des territoires environnants.

Nos autres engagements

- Réaliser, immédiatement après l’élection, un audit citoyen des finances publiques, municipales et métropolitaines, et en diffuser les résultats auprès de la population.

- Dresser la liste de tous les documents aujourd’hui tenus secrets ou très difficiles à obtenir et en donner l’accès à tous (conventions de délégation de service public, projets urbanistiques, études préparatoires… ).

- Ouvrir aux habitants un temps de questions lors de chaque séance du conseil municipal.

- Organiser deux types de débat public : l’un, annuel, sur la politique de la Ville et de la Métropole, ses choix budgétaires, l’organisation et l’action des services... ; un autre, à mi-mandat, pour faire le point, corriger les erreurs, modifier les politiques et actions mises en œuvre.

- Développer les panneaux d’expression libre, actuellement en nombre très insuffisant, et dédier le journal municipal et de la Métropole à l’expression collective des habitants plutôt que de laisser proliférer les campagnes de com’ et la publicité du maire.

- Renforcer les droits et prérogatives des adjoints et conseillers municipaux pour limiter le pouvoir exorbitant donné actuellement du maire.

- Diminuer de 15% les indemnités du maire et des adjoints et reverser les sommes correspondantes au budget de fonctionnement de la Ville.

- Demander à chaque élu de remplir une déclaration d’intérêts sur le modèle de celle existant déjà pour les parlementaires et créer un registre des lobbys locaux.

- Enfin, opposés à la professionnalisation de la vie politique, nous nous interdisons tout cumul de mandat, simultané et dans le temps, et nous nous engageons, en cas de démission du maire, à ne pas renouveler la mascarade démocratique Babary-Bouchet et donc à reprendre le chemin des urnes !

Vous en avez assez de la répétition du système
Germain-Babary-Bouchet-Briand ?

Vous voulez une véritable démocratie
où le peuple soit enfin décisionnaire ?

Votez pour la liste « C’est au Tour(s) du Peuple 2020 »

2 – STOP AUX PRIVATISATIONS ET RECONQUÊTE DE NOS BIENS PUBLICS !
Quand tout sera privé, on sera privé de tout.

La fin des privatisations, obstinément conduites par les majorités Germain-Babary-Bouchet-Briand, constitue l’une des priorités de notre programme. Nous en avons en effet assez que nos vies, du premier au dernier jour et en tout domaine, soient considérées comme la source du profit de quelques-uns, multinationales en tête. Le privé, dont on nous rabâche sur tous les tons et depuis des décennies la prétendue « efficacité », a fait les preuves de son injustice et de son incurie : il n’est pas démocratique dans son fonctionnement, il est coûteux pour le contribuable, inégalitaire pour le « client », dur au salarié, nuisible à la cohésion de la société. Il est donc temps, à Tours, dans la Métropole comme ailleurs, de dire stop au « tout-libéral » et de changer résolument de cap.

Nos engagements-phares

- Dresser, dès les lendemains de l’élection, l’inventaire complet des privatisations des services publics déjà faites, en cours de négociation ou en projet.

Ce bilan portera sur tous les secteurs d’activité touchés (éducation, santé, logement social, chauffage, transports publics et stationnement, gestion des déchets, équipements sportifs, culturels et de loisirs, tourisme, informatique, communication et publicité, maisons de retraite…) et il concernera les différents dispositifs juridiques utilisés (concession ou délégation de service public, partenariat public-privé, société ou syndicat d’économie mixte, passation de marchés…).

Ce bilan sera porté à la connaissance de la population et les documents seront accessibles à toutes et tous. Ainsi chacun pourra (enfin ! ) y voir clair dans l’affairisme, les conflits d’intérêts aussi bien que dans les profits réalisés par Vinci, Keolis, JCDecaux et tant d’autres…

- Mettre fin à ces privatisations, au cas par cas et durant les six ans de mandature, et passer en gestion publique et citoyenne l’ensemble des services à la population.

Ce passage sera nécessairement étalé dans le temps en raison des engagements pris par la Ville ou la Métropole (dates d’expiration des conventions de délégation, possibilité ou non de les renégocier avant… ) et des particularités propres à chaque service. Il sera forcément plus long de créer, sans Keolis et en régie publique, la nouvelle organisation des transports publics métropolitains que de municipaliser, à Tours, le Centre Aquatique du Lac ou de reprendre le contrôle du stationnement aujourd’hui livré à la SAGS.

Cette gestion publique et citoyenne pourra revêtir plusieurs formes juridiques (régies publiques municipales ou métropolitaines, sociétés coopératives… ). Mais elle devra toujours obéir aux règles suivantes : réembauche de tous les salariés des sociétés privées, participation directe des syndicats, des associations d’usagers et des habitants à la gestion, gratuité du service ou tarifs en diminution, réinvestissement total des bénéfices dans la création d’emplois, l’amélioration de la situation du personnel et de la qualité du service rendu.

Nos autres engagements

- Revoir l’ensemble de la politique d’aides et de subventions, directes ou indirectes, de la Ville et de la Métropole. Nous conditionnerons les aides aux entreprises en fonction de différents critères (taille, emplois non délocalisables, situation faite aux salariés, vocation écologique), supprimerons la subvention allouée à la compagnie voyou Ryanair, déjà condamnée par la justice, et établirons la transparence et l’équité dans l’attribution des subventions aux associations.

- Revoir l’ensemble de la politique de communication et de publicité de la Ville et de la Métropole. Stop aux publications coûteuses, aux événements « bling-bling » et à tous les gaspillages liés à la promotion personnelle des élus. Stop à la location de l’espace public pour des campagnes de promotion commerciale. Stop à l’invasion publicitaire qui fait aujourd’hui les profits de JCDecaux alors que les panneaux d’affichage libre manquent cruellement.

- Créer, à la place de la Société d'équipement de la Touraine (SET), société anonyme d'économie mixte, une régie publique foncière qui interviendra dans les projets urbanistiques de la Ville et de la Métropole.

- Enfin, nous nous engageons à arrêter tous ces grands, moyens ou petits projets urbanistiques et commerciaux qui servent les intérêts des multinationales (Bouygues, Eiffage, Citya, Hilton, Auchan, Carrefour, Leclerc, Starbuck, MacDo… ) et nuisent gravement à l’immense majorité de la population : hausse du prix du m2, embourgeoisement du centre-ville et relégation des pauvres et de la classe moyenne en périphérie, insécurité de l’emploi, exploitation des travailleurs français et étrangers, bétonisation, disparition des artisans et des petits commerçants, surendettement de la Ville et de la Métropole…

Vous en avez assez du « tout-privé, tout-payant » ?

Vous voulez participer, à Tours et dans la Métropole,
à la reconquête du bien public ?

Votez pour la liste « C’est au Tour(s) du Peuple 2020 »

3 – OUI À L’ÉCOLOGIE, NON AU CAPITALISME REPEINT EN VERT !
Si le climat était une banque, il serait déjà sauvé.

Le dérèglement du climat à l'échelle de la planète entière, les pollutions massives et de tous ordres, l’extinction accélérée de dizaines de milliers d’espèces animales et végétales sont déjà là. La recherche du profit partout et en tout est la cause première des problèmes : même repeint en vert, le capitalisme est l’obstacle principal pour trouver les urgentes solutions nécessaires. L’écologie des petits gestes, indispensable pour aider à la prise de conscience de chacun et chacune, ne peut pas suffire. Tout le monde s’en rend compte : il faut des mesures fortes, à la fois écologiques et sociales, pour briser l’engrenage mortifère dans lequel nous sommes.

Notre engagement-phare

- Instaurer la gratuité des transports en commun dans le cadre d’une régie publique métropolitaine et développer l'offre de déplacements alternatifs à la voiture. Ces mesures permettront d’améliorer le service aux usagers, de réduire la pollution automobile et d’en finir avec les multiples tarifications qui dissuadent beaucoup d’habitantes et d’habitants de prendre le tram ou le bus, stigmatisent les plus pauvres et compliquent la vie de tous.

Le financement de cette mesure écologique et sociale, déjà expérimentée dans 29 autres agglomérations en France, est possible : affectation prioritaire de la dotation de l’État attribuée à la Métropole ; récupération des profits annuels de Keolis ; utilisation d’une partie de la cotisation foncière d’entreprise (CFE), de la taxe de séjour payée par les touristes et des sommes collectées dans les parcmètres ; transfert des subventions aujourd’hui allouées à Ryanair.

Nos autres engagements

- Abandonner le projet de la 2e ligne de tramway, au coût exorbitant (la première a coûté, intérêts des prêts inclus, 638 millions d’euros : deux fois le budget annuel de la Métropole ! ) et soumettre au vote des habitants, à travers un référendum d’initiative municipale (RIM), l’alternative du « trambus à l'hydrogène », cinq fois moins coûteuse et plus modulable.

- Réaliser le 100% bio et local pour des cuisines de proximité qui alimenteront les cantines municipales et métropolitaines, les restaurants des hôpitaux et des universités.

- Développer les cultures maraîchères dans l’aire métropolitaine, les circuits courts et les marchés locaux, en prenant appui sur une régie publique métropolitaine des terres agricoles.

- Mettre en œuvre un « Plan Climat » à l’échelle de la Ville et de la Métropole comprenant :

  1. la prise en compte prioritaire des critères écologiques et sociaux dans la passation des marchés publics ;
  2. la rénovation thermique et phonique des bâtiments publics et privés ;
  3. la priorité absolue donnée aux énergies renouvelables, notamment pour les transports en commun et les véhicules communaux ;
  4. la réalisation d'un nouveau plan d’ensemble de gestion des déchets à l’échelle de la métropole et du département ;
  5. l’encouragement systématique des déplacements autres qu’en voitures individuelles ;
  6. l’accroissement du nombre d’espaces verts, parcs et jardins, jardins partagés et familiaux et, plus largement, la végétalisation des espaces publics et des parkings.

- Élaborer, en étroite concertation avec les habitantes et les habitants, un plan métropolitain d’aménagement des déplacements sécurisés des piétons et des cyclistes, en coordination avec les transports collectifs, dont la navette ferroviaire Tours / Saint-Pierre-des-Corps à cadencement fréquent. La construction de pistes express cyclables protégées, de stations-garages et d’appui-vélos sera une priorité en lien avec l’accroissement du nombre de vélos en accès libre dans le cadre d’une régie ou d'une société coopérative.

- Soutenir le réseau de l'Étoile ferroviaire, et tout particulièrement les lignes autres que le TGV comme la liaison intercités Tours-Le Mans-Caen, les lignes régionales Tours-Chinon et Tours-Loches...

- Stop aux compteurs Linky et Gazpar, au « tout wifi » et aux réseaux soi-disant « intelligents » qui sont autant de moyens de contrôler les individus, de les espionner et de les « marchandiser », sans parler des effets négatifs sur la santé. Nous réaliserons un audit sur l’exposition des habitants aux ondes électromagnétiques.

- Enfin, nous combattrons, à Tours et dans la Métropole, les pollutions sonores, lumineuses et esthétiques, à commencer par celles dues à la publicité et aux installations commerciales hideuses.

Vous en avez assez de la pollution et du béton ?

Vous voulez vivre dans une ville verte où l’on respire,
où l’on se déplace facilement et où l’on mange bien ?

Votez pour la liste « C’est au Tour(s) du Peuple 2020 »

4 – POUR DES EMPLOIS NOMBREUX ET DIGNES, DANS LE PRIVÉ ET LE PUBLIC
Dans la société à venir, le public et le privé ne seront pas opposés.
Ils œuvreront ensemble afin que nous ne perdions pas notre vie à la gagner.

À Tours comme ailleurs, la vie et l’économie locales sont le fruit de toutes et tous, quels que soient l’origine, la fonction, le secteur d’activité. Or, de Germain à Babary-Bouchet-Briand, que constate-t-on sinon une action qui privilégie certains au détriment des autres, et nuit en définitive à la prospérité et la dignité générales ? Il est urgentissime d’arrêter ces politiques injustes, à courte vue, et de forger de nouvelles règles qui, sans dogmatisme, multiplieront les emplois publics et privés, rééquilibreront les relations entre le fort et le faible, et assureront ainsi un développement harmonieux, solidaire, de la Ville, de la Métropole et des territoires voisins. Destructrice des industries et des savoir-faire locaux, la recherche du profit de quelques-uns est toujours néfaste à la cohésion de la société et à la vie de chacun.

Nos engagements-phares

- S’opposer, dans la Métropole et la ville de Tours, à toute nouvelle implantation de grandes surfaces, de magasins liés aux multinationales et en réduire, au contraire, progressivement le nombre au profit de zones d’activités coopératives.

- Agir pour les petits commerçants, les artisans, les sociétés coopératives, les associations qui, au lieu d’être livrés à une concurrence sans pitié, doivent devenir des acteurs essentiels de l’économie et de la vie locales. Leur contribution à la création de très nombreux emplois stables, décents, non-délocalisables et à vocation sociale ou écologique, doit être (enfin ! ) soutenue par tous les moyens à la disposition de la Ville et de la Métropole : investissements, subventions, conseils techniques et juridiques, marchés publics, droit de préemption urbain, locaux à loyer modéré...

- Agir pour l’emploi public, grâce au passage en régie publique municipale ou métropolitaine de nombreux services aujourd’hui privatisés et d’autres mesures telles que la titularisation des contractuels, précaires et vacataires de la Ville et de la Métropole ou la reprise en interne de fonctions aujourd’hui livrées, à un coût élevé, à des prestataires privés.

- Pratiquer une politique d’emprunt citoyen et de financement participatif qui mobilise l’épargne locale pour des investissements solidaires et d’avenir (logements sociaux, transports publics, transition écologique, équipements culturels et sportifs...). Mieux vaut s’endetter intelligemment auprès des habitants que de façon toxique auprès des banques !

Nos autres engagements

- Lancer le programme « Besoins sociaux de 0 à 100 ans et + » destiné à répondre à des besoins qui sont aujourd’hui insatisfaits et très coûteux car livrés à l’appétit du privé. Nous ouvrirons ainsi de nouveaux lieux d’accueil pour la petite enfance, (crèches municipales, haltes-garderies, relais assistantes maternelles), rénoverons les écoles publiques en commençant par les plus dégradées, favoriserons la mixité sociale en développant le parc de logements sociaux dans tous les quartiers, construirons des résidences publiques pour personnes âgées (EHPAD, résidences-autonomies, résidences intergénérationnelles). Tout cela, bien entendu, ne se fera pas en un jour mais il est plus que temps d’inverser la vapeur !

- Créer, à l’échelle communale, puis métropolitaine, une coopérative de services à domicile (garde d’enfants, aide au ménage, repassage, courses, bricolage et jardinage, formation et réparation informatiques… ). Socialement utile et à but non lucratif, elle constituera une alternative aux nombreuses entreprises privées qui exploitent leur personnel et facturent leurs « services » au prix fort.

- Agir en faveur d’une « Guinguette pour Tous ». Bénéficiant d’une subvention de 200 000 € allouée à une seule association culturelle, assurant à seulement deux restaurateurs de substantiels profits, la guinguette actuelle organise une concurrence déloyale à l’égard des restaurants, cafés du Vieux Tours, sous-paie les artistes-intervenants et maltraite le tissu associatif. Nous en modifierons donc les principes de fonctionnement : l’argent public, augmenté pour l’animation culturelle, sera réparti entre plusieurs associations et la partie restauration sera confiée, chaque année, à des établissements différents.

- Développer le numérique avec précaution et sans les « GAFAM » (Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft). En plus des mesures déjà évoquées, nous passerons aux matériels informatiques reconditionnés et aux logiciels libres dans tous les services de la Ville et de la Métropole. Ce qui permettra de faire d’importantes économies sur les dépenses publiques locales tout en créant de nouveaux emplois publics et privés (formation des agents aux logiciels, installation et maintenance du matériel, achats auprès de petites entreprises locales… ).

- Enfin, nous nous engageons à combattre toutes les formes d’ubérisation de l’emploi et de la vie qu’on laisse aujourd’hui proliférer (cyclistes surexploités de Deliveroo, d’Uber Eats… ) et nous encadrerons aussi les usages abusifs des locations via les plateformes du type Airbnb (multipropriétaires, locations permanentes et non saisonnières...).

Vous en avez assez des idéologues du « tout-marché »
à la tête de la Ville et de la Métropole ?

Vous voulez que le privé et le public
contribuent ensemble à la prospérité et la dignité de tous ?

Votez pour la liste « C’est au Tour(s) du Peuple 2020 »

5 – VILLE DE FEMMES, VILLE POUR TOUTES ET TOUS
La situation faite aux femmes est le miroir de la société.

Davantage concernées par la pauvreté et la précarité, exposées à de multiples violences sociales, physiques ou symboliques, les femmes cumulent injustices et inégalités. Il est essentiel, à Tours comme ailleurs, de combattre toutes les formes de domination et d’oppression dont elles sont spécifiquement victimes. Parce que mener une politique féministe, c’est agir dans l’intérêt de toute la population, nous ne nous contenterons pas de mesurettes et nous agirons dans tous les domaines de la vie des femmes pour créer une émancipation et une égalité réelles : éducation, santé, travail...

Nos engagements-phares

- Donner l’exemple en réalisant l’égalité femme/homme dans les services de la Ville et de la Métropole à tous niveaux : recrutement, salaire, temps partiel imposé, primes, déroulement de carrière, mobilité professionnelle, postes à responsabilité.

- Encourager les employeurs privés à atteindre ces mêmes objectifs, par des campagnes d’information répétées et, si besoin, en conditionnant les aides de la Ville et de la Métropole à leur réalisation.

- Créer, dans les locaux de la Maison du Peuple, une Maison des Femmes leur donnant accès à l’ensemble des services et aides dont elles ont besoin, tant au quotidien qu’en situation d’urgence. Animée par des professionnels, publics et associatifs, cette antenne sera ouverte jour et nuit et interviendra sur tous les problèmes de la condition féminine : démarches administratives spécifiques, soutiens en matière d’éducation, de logement, de santé ou de travail, aides aux femmes isolées et monoparentales, pensions impayées, femmes harcelées, battues ou victimes de viol...

Nos autres engagements

- Accroître fortement les moyens matériels et humains alloués aux associations spécialisées telles que Le Planning familial, le Centre d’information sur les droits des femmes et de la famille, Osez le féminisme !, Stop Harcèlement de Rue, Le Mouvement du Nid…

- Agir, dans le cadre de la régie publique des transports gratuits, en faveur de la sécurité des déplacements des femmes : mise en place d’un service de transport à la demande qui, le soir, dépose la personne devant chez elle, multiplication des campagnes de prévention contre les incivilités et le harcèlement dans le tramway et les bus...

- Agir, dans le cadre de la nouvelle police de proximité, en faveur des mêmes objectifs : inventaire des lieux publics d’agression, interventions en cas de conflits domestiques, formation spécifique des agents de la police de proximité aux violences à caractère sexiste ou à l’encontre des femmes âgées...

- Interdire l’affichage des publicités portant atteinte à l’image des femmes.

- Faire de la Journée internationale pour les droits des femmes un événement à l’échelle de la Ville et de la Métropole, grâce à la mobilisation des services, des écoles publiques et privées, des médiathèques et centres socioculturels, des syndicats, des associations...

- Enfin, nous ferons barrage à tous les projets et décisions de l’État ou de la Métropole Bouchet-Briand qui réduisent les services publics de santé offerts aux femmes et à tous, notamment les fermetures de l’hôpital Clocheville, de l’EHPAD L’Ermitage ou de certaines crèches municipales !

Vous en avez assez, toutes et tous,
des beaux discours « en faveur des femmes »
suivis de rien ou si peu ?

Vous voulez que la situation des femmes
soit prise en compte dans toutes ses dimensions ?

Votez pour la liste « C’est au Tour(s) du Peuple 2020 »

6 – VILLE UNIE, VILLE SOLIDAIRE !
La première règle avant d'agir consiste à se mettre à la place de l'autre.
Nulle vraie recherche du bien commun ne sera possible hors de là.

Nous vivons dans l’une des 21 métropoles que compte actuellement la France, pays classé cinquième puissance économique mondiale, juste derrière l’Allemagne et à égalité avec le Royaume-Uni. Et pourtant, près de 20 % des habitants de Tours se trouvent en-dessous du seuil de pauvreté ; un taux supérieur de cinq points au taux national moyen. Ainsi, plus de 23 000 personnes, dont plusieurs milliers d’enfants, sont officiellement reconnues comme pauvres, sans compter les milliers d’autres à peine au-dessus de ce seuil. Contre cette situation révoltante, nous agirons en menant une politique de solidarité tous azimuts dont le but premier sera de lutter contre la pauvreté et de réduire les inégalités sous toutes leurs formes.

Nos engagements-phares

- Zéro personne à la rue.

Il est insupportable de voir – et pire encore, de refuser de voir – que des centaines de personnes vivent à Tours dans les rues. Soit dans les halls d’immeubles, les hangars, les parcs. Soit dans des chambres d’hôtels souvent insalubres, octroyées par « le 115 » et où l’on ne peut faire ni la cuisine ni la lessive. Soit dans des centres d’hébergement d’où l’on est obligé de sortir dès le petit matin et où l’on ne peut rentrer que le soir, obligeant les personnes, y compris les enfants en bas âge, à errer dans les rues durant la journée, quel que soit le temps.

Nous apporterons donc un soutien sans faille aux associations qui, chaque jour, agissent avec humanité et solidarité pour aider les personnes à la rue, françaises ou étrangères sans discrimination (Chrétiens migrants, La Table de Jeanne-Marie, Secours catholique, Secours populaire, Accueil sans frontières en Touraine...). Et nous interpellerons systématiquement la préfecture pour qu’elle réquisitionne les logements vides. Cette interpellation sera publique afin que la population puisse apporter son soutien à la lutte contre la misère. Toutes les expériences menées à ce jour montrent qu’un logement stable et un accompagnement médico-social assurent une insertion satisfaisante et coûte moins cher à la collectivité.

- Combattre toutes les discriminations, qu’elles soient religieuses, ethniques, sexuelles…

Tout doit être fait pour empêcher l’expression de la haine. Dans ce but, il faudra accroître les subventions aux associations spécialisées (Ligue des Droits de l’Homme, LGBTI-Touraine… ), former la police municipale à la lutte contre les discriminations et multiplier les campagnes d’information contre les violences faites aux minorités.

Nos autres engagements

- Lutter par tous les moyens existants contre l’affairisme et la spéculation immobilière qui dominent actuellement en matière de logement : construction prioritaire de logements sociaux, mécanismes d’encadrement des loyers, taxation des logements vacants plus d’un an, lutte contre les systèmes de location ubérisés qui échappent aux contrôles et aux impôts, soutien aux projets d’habitat participatif... Autant de moyens pour garantir l'un des droits humains fondamentaux : le droit au logement.

Les organismes du logement social (Tours Habitat, La Tourangelle Immobilier...), au lieu d’être progressivement privatisés et poussés à la vente lucrative de leur patrimoine, seront encouragés, en lien avec les associations de locataires et les syndicats, à revenir à leur mission : garantir un logement accessible à tous et favoriser la mixité sociale partout, à commencer par le centre-ville.

En matière de logements sociaux, la réhabilitation du parc existant, notamment au Sanitas, sera privilégiée plutôt que la destruction, en général suivie d’une reconstruction qui pousse toujours plus loin les plus pauvres. Il faudra aussi construire de nouveaux logements adaptés aux besoins des différents publics, notamment les familles nombreuses et les étudiants, et favoriser partout la présence de commerces de proximité, d’artisans et de services publics.

- Mener une politique de justice sociale et d’aide aux plus vulnérables et aux plus démunis :

1 – Rendre les premiers m³ d'eau, indispensables à la vie quotidienne, gratuits et facturer les autres de façon progressive afin d’inciter à ne pas gaspiller une ressource fondamentale mais limitée et développer un nouveau rapport aux biens communs.

2 – Instaurer une tarification progressive dans les cantines scolaires en fonction du quotient familial.

3 – Prendre des arrêtés municipaux contre les expulsions locatives sans solution de relogement pérenne et lutter contre les marchands de sommeil.

4 – Établir pour les personnes handicapées, en concertation avec elles, un plan de mise aux normes et d’accessibilité des lieux publics et privés. Nous soutiendrons par tous les moyens disponibles les associations de services et d’aide aux personnes porteuses de handicaps.

5 – Revoir à la baisse pour les plus démunis le tarif des prestations funéraires (enterrement et crémation) assurées par les Pompes funèbres intercommunales.

6 – Créer des maisons municipales de santé dans les différents quartiers, à commencer par les plus populaires.

- Enfin, nous agirons pour la solidarité avec les travailleuses et les travailleurs en lutte (création d'un fonds de soutien aux salariés en grève), ainsi que pour la solidarité internationale en repensant la politique des jumelages, les accords de coopération, et en aidant les organisations étudiantes européennes et extra-européennes.

Vous en avez assez des inégalités, des discriminations
et des personnes obligées de vivre dans la rue ?

Vous voulez vivre dans une ville solidaire et accueillante ?

Votez pour la liste « C’est au Tour(s) du Peuple 2020 »

7 – CULTURES, SPORTS ET LOISIRS EN PARTAGE
Peuple crédule, chauvin et diverti crée souvent ses propres chaînes.

Tours et son agglomération sont au centre d’une région mondialement connue pour son patrimoine architectural et naturel, la vallée de la Loire ayant été classée au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2000. La vie culturelle et associative y est d’une grande richesse : musique, cinéma, théâtre, danse, musées, etc. Pourtant, de profondes inégalités existent au sein de la population, tant du point de vue de la liberté de création que dans l’accès à toute cette richesse culturelle, artistique et patrimoniale. C’est donc au nom de l’égalité et du partage que nous conduirons durant les six ans à venir une politique culturelle, sportive et de loisirs émancipatrice et accessible à toutes et tous. Elle mettra l’accent sur les initiatives locales, la diversité et sera indépendante des forces de l’argent.

Nos engagements-phares

- Créer un grand événement ligérien gratuit, organisé chaque année, véritable festival des artistes locaux mêlant toutes les disciplines pour mieux mettre en valeur la Loire, ce fleuve qui contribue au premier chef à l’identité de Tours et qui est cher au cœur des Tourangelles et des Tourangeaux. Cela s’accompagnera d’un soutien résolu à la batellerie de Loire, en plein renouveau depuis quelques années.

- Repenser toute la politique de subventions de la Ville et de la Métropole en matière de culture, de sport et de loisirs, avec pour principes la transparence, le partage et le souci de l’accueil des publics populaires. Nous augmenterons et diversifierons les aides, qui se limitent aujourd’hui presque uniquement aux subventions de fonctionnement et n’encouragent pas suffisamment la création artistique, et nous éviterons que le système des appels d’offre ou à projet conduise à une mise en concurrence exacerbée des associations.

- Réorganiser le vaste secteur des activités périscolaires autour d’une régie publique municipale. Nous développerons les jumelages entre les structures associatives, culturelles et les crèches, les écoles, les centres de loisirs et nous encouragerons les ateliers artistiques et les résidences d’artistes en milieu scolaire.

Nos autres engagements

- Soutenir résolument, en matière sportive, les clubs et les associations qui développent la pratique du sport amateur pour toutes et tous, sans discrimination et sans faire de la compétition le but principal de leurs activités.

Nous créerons une grande salle populaire polyvalente ainsi que des plateaux sportifs et des salles couvertes dans les quartiers qui n’en ont pas ; ceux et celles qui existent déjà seront rénovés. La gestion des salles de sport, dont la piscine du Lac et le golf de La Gloriette, sera confiée à une régie publique métropolitaine des sports.

- Créer, en concertation avec les artistes, des lieux de création, de diffusion et d’exposition autogérés, et développer les lieux existants comme les salles des quartiers Sanitas ou Fontaines. Plus généralement, nous favoriserons les « circuits courts » en matière artistique, afin de contribuer à la promotion des peintres, plasticiens, musiciens, comédiens, danseurs locaux. Ces circuits courts seront aussi un moyen efficace de tisser des liens entre les artistes et l’ensemble de la population, et d’encourager les pratiques artistiques du plus grand nombre.

- Soutenir de façon constante les grands lieux de culture associatifs, indépendants des forces de l’argent et soucieux de contrer l’uniformisation culturelle et commerciale induite par la culture marchande de masse. Notamment « Le Bateau ivre » (lieu artistique multiculturel autogéré) ou les cinémas « Les Studio » (le plus grand cinéma d’art et d’essai en Europe : 330 000 entrées en 2018 dans sept salles).

- Rendre gratuit l’accès aux musées de la Ville (Musée des Beaux-Arts, Centre de création contemporaine Olivier Debré, Muséum d'histoire naturelle, Musée du Compagnonnage et Château : 230 000 entrées en 2018), ainsi qu’aux bibliothèques et médiathèques.

- Rendre gratuit l’accès aux salles municipales pour toutes les associations tourangelles : stop au racket actuel ! Créer une véritable Maison des associations avec locaux et matériels mis gratuitement à disposition.

- Soutenir toutes les initiatives qui visent à diffuser les connaissances et à encourager le débat public : cafés philosophiques ou historiques, université du temps libre, etc.

- Enfin, nous aurons le souci du tourisme dans la métropole tourangelle, au centre d’un département qui accueille 4 millions de touristes chaque année. Il s’agira de toujours mieux mettre en valeur son riche patrimoine architectural, artistique et gastronomique en favorisant le tourisme respectueux des équilibres sociaux et écologiques, et en menant une lutte sans merci contre la marchandisation et l’ubérisation des pratiques touristiques de masse.

Vous en avez assez d’une ville
où culture, sport, loisirs et tourisme
sont trop souvent soumis à l’argent ?

Vous voulez vivre dans une ville
où chacun puisse librement
se cultiver, s’épanouir au contact des autres ?

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8 – SÉCURITAIRE ? NON, LA SÉCURITÉ TOUT SIMPLEMENT !
Pour se servir de sa raison, on a besoin de sécurité et de quiétude.

L’insécurité sociale, liée au chômage de masse, à la précarisation croissante du travail et au gigantisme urbain, avive le sentiment d’isolement, abîme les liens sociaux, accroît les problèmes de sécurité. Bruit, incivilités, dégradations, vols, violences, etc., ces faits ne doivent pas être sous-estimés. Mais il ne faut pas non plus les amplifier et les instrumentaliser pour créer la peur, détourner la colère sociale, dresser les individus et les groupes les uns contre les autres. À l’évidence, les déploiements toujours plus massifs de forces de police (BAC, gendarmes mobiles, CRS… ), loin de régler les problèmes, ne font que les accroître en attisant les rancœurs et les haines, et en faisant monter le niveau des violences. Comment répondre à la question de la sécurité de façon raisonnable, équilibrée et efficace ?

Nos engagements-phares

- Développer une police municipale de proximité bien intégrée dans tous les quartiers, désarmée, respectueuse de l’ensemble des personnes sans aucune discrimination, qui travaille en étroite relation avec les éducateurs de rue, les écoles, les différents services publics et la population.

84% des Françaises et des Français sont favorables à une police de proximité, capable d’anticiper et de prévenir les incivilités et la petite délinquance. Le ou la maire de Tours, en charge de la police municipale, est responsable de la tranquillité publique. Il s’agira donc de repenser l’action de la police municipale (95 policiers, 40 agents de surveillance de la voie publique [ASVP], 10 agents de la brigade verte et 12 agents du Centre de supervision de la vidéosurveillance) dans une optique avant tout préventive et non comme une force supplétive ou une réserve de la police nationale.

- Supprimer la vidéo-surveillance, inefficace et coûteuse.

En 2019, il y avait 340 caméras installées dans les rues, les bâtiments publics et sur le réseau Keolis. Ces caméras coûtent cher (coût moyen d’installation d'une caméra, 14 000 euros) et n’aident à résoudre en moyenne que 3 % des délits. Pour les imposer malgré tout, l’État à travers le Fonds interministériel de prévention de la délinquance (FIDP) oblige les collectivités locales à utiliser 60 % des aides accordées pour acheter des caméras de vidéo-surveillance. Très peu efficaces, elles représentent en revanche un vrai danger pour les libertés individuelles et collectives.

Plus largement, la croissance exponentielle de la vidéo-surveillance est le résultat d’une conception de la vie en société que nous rejetons absolument. Remplacer les êtres humains par des machines, les relations entre les individus par l’électronique, croire que la « technologisation » de la société résoudra les problèmes inhérents aux relations humaines, c’est faire complètement fausse route en déshumanisant le monde.

Nous défendons au contraire le principe d'une réflexion collective et démocratique sur l'utilisation des évolutions techniques dans le sens du progrès social, de la transition écologique et de la tranquillité publique.

Nos autres engagements

- Demander l’expérimentation du récépissé de contrôle d'identité sur le territoire communal.

- Conserver les postes de gardiens dans les immeubles qui dépendent des organismes de logements collectifs, et en recréer partout où ils ont été supprimés.

- Agir résolument, en coopération avec tous les services publics, contre la ghettoïsation de certains quartiers. Pour cela, soutenir dans la durée les associations d’intérêt général, qu’elles soient centrées sur la défense des droits des personnes, culturelles, syndicales ou sportives, et encourager par tous les moyens la mixité sociale, c’est-à-dire les échanges, les rapprochements géographiques, la convivialité et l’interconnaissance entre les habitants, quels que soient les âges, les nationalités et les revenus.

- Proposer un plan d’accompagnement des personnes toxicomanes (désintoxication, relogement, réinsertion), en collaboration avec les associations et le Centre hospitalier régional universitaire (CHRU).

- Enfin, nous créerons dans le Vieux Tours un lieu d’accueil des personnes qui se sentent en insécurité, dans un souci de médiation entre les intérêts parfois divergents des personnes qui travaillent, celles qui dorment et celles qui font la fête.

Vous en avez assez du « tout-sécuritaire »,
inefficace, coûteux et dangereux ?

Vous voulez vivre dans une ville
prévention, solidarité et respect des règles communes
sont les meilleures garanties de la tranquillité de toutes et tous ?

Votez pour la liste « C’est au Tour(s) du Peuple 2020 »

Vers le programme complet au format PDF.

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Interpellation, acte 2 : Quelques questions à M. Emmanuel Denis, candidat

Communiqué CATDP2020 du 3 mars 2020

  1. Dans le cadre de la campagne pour les élections municipales des 15 et 22 mars 2020, vous vous présentez comme le candidat du changement, porteur d’une « ville écologique et solidaire ». Or durant l’actuelle mandature vous avez voté, en tant que conseiller municipal et métropolitain, en faveur du projet de 2e ligne de tramway sur le tracé Béranger-Heurteloup. D’où deux questions que se posent nombre de Tourangelles et Tourangeaux avant de se rendre aux urnes. Êtes-vous vraiment le candidat du changement quand vous n’hésitez pas, même en tant qu’élu « d’opposition », à joindre votre voix à celles de deux représentants patentés du système existant, à savoir Christophe Bouchet, maire de Tours, et Philippe Briand, président de la Métropole Tours Val de Loire ?! Quel crédit, d’autre part, peut-on accorder à votre discours écologico-solidaire quand vous votez pour un projet qui, s’il est mené à son terme, conduira immanquablement à toutes sortes de dégâts environnementaux et sociaux : abattage des arbres, disparition du marché aux fleurs, mise en route de nouvelles opérations immobilières, envolée du prix du m2, surendettement accru de la Ville et de la Métropole empêchant, de facto, la réalisation d’autres projets à vocation écologique et sociale ?
  2. Vous avez, fin janvier 2020, beaucoup communiqué sur un autre projet, celui de parc agro-photovoltaïque en bordure de l’aéroport de Tours Val de Loire. Parmi bien d’autres élements contestables auxquels vous n’avez jusqu’à présent apporté aucune réponse, ce projet présente un fort risque de conflit d’intérêt, puisque trois candidats de votre liste, à savoir la n°4 Cathy Savourey, « urbaniste libérale », le n°23 Martin Cohen, « ingénieur énergie-climat » et le n°31 Frédéric Miniou, « chef d’entreprise », sont professionnellement intéressés par ce type d’opération. Cette situation ne relève-t-elle pas, à nouveau, de la « vieille politique » dont vous prétendez vous démarquer ? À l’image de beaucoup de Tourangelles et Tourangeaux, nous vous demandons de faire publiquement toute la lumière sur cette situation et, au passage, de répondre à toutes les autres interrogations formulées dans notre communiqué « Quand les Verts/PS proposent un grand projet imprécis, incertain, imposé et intéressé (GP4I) ».

C’est au Tour(s) du Peuple 2020
3 mars 2020

Abstentionnisme phénoménal, resucée de la gauche plurielle, calculs pour 2022…

Sur ces trois principaux sujets issus des dernières munipales de mars et juin 2020, le moins que l’on puisse dire c’est qu’il y a pléthore de réactions !

Pour prendre un peu de recul et nourrir votre réflexion, CATDP vous propose de lire ou relire plusieurs articles de qualité. D’abord, celui de Thomas Letellier déjà publié sur le blog Le Vent se lève le 1er juillet, et que nous avons choisi de republier ci-dessous in extenso. Sobrement intitulé « Le grand retour de la gauche plurielle », il est bien documenté et manie avec talent l’ironie nécessaire à l’analyse des résultats.

Mais nous vous conseillons aussi la lecture de trois autres articles qui viennent utilement compléter le tour d’horizon. Celui de Sacha Mokritzy, au titre plus direct « La vague verte : un événement, vraiment ? », en provenance du blog Reconstruire dont nous partageons la devise : « Pour que ceux qui commandent ne soient plus ceux qui commentent ». Celui de la rédaction du magazine Frustrations, qui s’efforce depuis plusieurs années de délivrer de la « critique sociale pour le grand public » et a fort opportunément mis à jour l’un de ses papiers décapants « Vivent les absentionnistes ! » qui s’achève par ces mots : « Elles, ils et nous ne sommes pas dépolitisés : au contraire, c’est notre passion du collectif qui nous dégoûte du jeu politique qu’on nous vend. ». Enfin, pour les Tourangelles et Tourangeaux qui s’interrogent sur le type d’écologie qui a gagné la mairie, une visite du site La Rotative vous fournira quelques éléments de réponse, avec« Municipales à Tours : la victoire dérisoire du candidat écologiste ». D’accord ou pas d’accord, il fait partie du débat et livre une piquante conclusion.

En attendant de vous retrouver début septembre, CATDP vous souhaite un bel été, à vous et tous vos proches.

Le grand retour de la gauche plurielle

Par Thomas Letellier

Tout commence comme dans Baron Noir, mais il y a fort à parier que ça finisse autrement. À gauche, on n’en finit pas de s’extasier devant la divine surprise des élections municipales et on anticipe déjà la résurrection de cette gauche plurielle dont les Français rêvent secrètement. L’offensive est lancée : ces prochains mois, les pétitions succéderont aux tribunes, et les palabres aux discussions ; bientôt on rejouera le congrès du Globe et puis celui d’Épinay ! Et après ? L’union et la victoire. Si l’on met de côté le calendrier, les intérêts divergents, les circonstances, les chiffres et la prise en compte de la réalité, rien ne résiste au retour triomphant de la gauche plurielle.

Le songe d’une nuit d’été…

Quelle soirée ! La gauche a pris Bordeaux, arrive en tête à Marseille, Lyon est arrachée par les écologistes, et il faudrait encore parler de Paris, Besançon, Poitiers ou Strasbourg. À vrai dire, certaines victoires font plaisir et marquent effectivement des ruptures locales importantes. Les ères Gaudin ou Collomb se referment et le basculement de Bordeaux est spectaculaire quand on pense que, depuis 1947, la mairie a eu pour seuls locataires Alain Juppé et Jacques Chaban-Delmas. Alors on célèbre, et on tire des conclusions.

« Vous pouvez focaliser l’attention sur Le Havre et Perpignan, mais la véritable nouvelle ce soir, c’est celle-ci : une vague de gauche et écolo a submergé nos villes. […] Et ça engage pour la suite. » note Raphael Glucksmann. Yannick Jadot voit dans ce second tour « un tournant politique pour notre pays ». Najat Vallaud-Belkacem, quant à elle, se veut plus synthétique :

Qu’une « vague verte » siphonne le vote macroniste et enlève des villes acquises à la droite ou à La République en Marche (LREM) est – dans l’absolu – une bonne nouvelle. Encore faudrait-il que la vague verte en question ait réellement eu lieu. Si certaines victoires éclatantes peuvent le laisser croire, sans doute faudra-t-il la relativiser à la lumière des analyses exhaustives qui seront produites ces prochaines semaines. Néanmoins, il est possible de dresser un premier bilan. On pense d’abord à l’abstention massive : près de 59 % des Français ne se sont pas rendus aux urnes contre 37,87 % en 2014 et 34,80 % en 2008. Depuis 1983, l’abstention aux élections municipales a triplé. La crise sanitaire explique en partie ce record, mais elle ne peut pas faire oublier la défiance profonde dont les institutions font l’objet. Hadrien Mathoux rappelle ainsi dans les colonnes de Marianne qu’il n’est pas inutile de considérer les scores des vainqueurs à l’aune du pourcentage des inscrits plutôt que des suffrages exprimés : « Ainsi à Lyon, Grégory Doucet n’est devenu maire qu’en agrégeant le soutien de 19,04 % des électeurs, alors que 62,24 % se sont abstenus. À Bordeaux, autre conquête écologiste majeure, 17,51 % des inscrits ont voté pour Pierre Hurmic (abstention : 61,67 %). Seuls 15,03 % des Strasbourgeois inscrits sur les listes électorales ont permis à Jeanne Barseghian d’emporter la mairie, 63,34 % s’étant abstenus. » Outre les chiffres de l’abstention, il faut encore élargir la focale pour mieux relativiser l’ampleur du déferlement supposé des forces de gauche. Ainsi, sur les 236 villes de plus de 30 000 habitants, la gauche en a gagné 86, dont seulement 10 pour les Verts. Si les alliances et les multiples plateformes « citoyennes » compliquent la lecture des résultats, il apparaît néanmoins que les listes Divers droite et Les Républicains (LR) tirent leur épingle du jeu. LREM et le Rassemblement national, quant à eux, sont les grands absents du second tour tandis qu’ils dominent la scène politique nationale. Mais qu’importe, le récit politique des événements préfère retenir le triomphe d’une gauche plurielle revenue d’entre les morts.

Dans les prochaines semaines, l’injonction à l’union fera la Une des grands journaux, des tribunes résolues sommeront les partis de se parler, les candidats feindront la bonne entente et répéteront inlassablement le désormais classique jeu du « je t’aime, moi non plus ». Tant pis si les enjeux locaux sont différents des enjeux nationaux et tant pis si la nécessaire constitution de coalitions aux municipales n’a rien à voir avec les règles d’une élection présidentielle : il faut s’unir !

Sur un malentendu, ça peut marcher

Il faut tout d’abord faire un effort de recontextualisation et replacer les élections municipales dans la séquence ouverte par les européennes de 2019. Les classes populaires s’abstiennent, alors il faut parler aux classes moyennes et à la petite-bourgeoisie. Pendant cette campagne, le téléspectateur distrait, peu familier des voix des candidats, qui écoutait un débat des européennes d’une oreille seulement pouvait en effet craindre un instant d’être frappé d’hallucinations. Lorsque Raphael Glucksmann parle, on croit entendre Ian Brossat, quand Manon Aubry lui répond, il semble que c’est Benoît Hamon ! Quatre discours semblables tenus par quatre personnages pourtant différents qui apparaissent à l’écran simultanément. Un téléspectateur peu averti pourrait croire à des clones nés par mitose, se dupliquant tranquillement dans l’angle mort des caméras. Si donc ils sont d’accord, si donc ils sont issus d’une même opération de division cellulaire, qu’est-ce qui fait obstacle à leur réunion et à l’union de la gauche ? À la fin, Génération.s et le Parti Communiste sont éliminés, Manon Aubry et Raphael Glucksmann passent de justesse le seuil de qualification et Europe Écologie Les Verts (EELV) l’emporte (9 points derrière LREM et 10 derrière le Rassemblement national, tout de même). Mais la séquence se poursuit. Les discussions continuent, des rapprochements s’opèrent. Bientôt c’est le confinement et l’annonce – grandiose ! – du « Monde d’après ».

Car, c’est entendu, « après » rien ne sera plus comme « avant ». À peine deux jours, cinq tribunes et huit pétitions après la première utilisation répertoriée de l’expression « Monde d’après », celle-ci faisait déjà sourire. Mais on continue d’y croire. « Nos idées triomphent ! » entendait-on alors. Et déjà une partie de la presse se réjouissait que les responsables politiques se parlent – par Skype ou Zoom interposés. D’ici quelques jours, on trouvera bien des gens pour déduire de cette séquence un « désir de gauche » quelconque et expliquer la grande victoire des élections municipales par les événements récents. Il convient de ne pas sous-estimer l’impact culturel de l’expérience du confinement et de souligner le rôle de la crise du Covid-19 dans le renforcement de l’attachement des Français aux services publics et plus spécifiquement à la santé ; mais conclure au triomphe inévitable de la gauche à la présidentielle de 2022 semble relever au mieux du wishful thinking, au pire de l’inconséquence politique la plus totale.

Oublions pour un temps le caractère tout à fait douteux de l’extrapolation, admettons que le « monde d’après » est favorable à la gauche et que les élections municipales confirment cette intuition. Faisons une expérience de pensée et, comme dans Baron Noir, partons du postulat qu’au fond, la France est de « gauche ». Si donc la France est de gauche, elle désire forcément une union de la gauche. Le raisonnement tient. Pour que ce sophisme fonctionne, il faut bien entendu oublier que le vote « de gauche » est un vote principalement urbain, socialement situé dans les catégories de la population diplômées qui vivent dans les grandes métropoles. Il faut aussi oublier la crise des gilets jaunes, la colère sourde des campagnes reléguées, des zones périurbaines et des secteurs les plus dévastés par la désindustrialisation et le chômage. Une fois la France qui meurt à petit feu mise de côté, on peut se concentrer sur la réalisation de cette union de la gauche qui rappellera aux plus nostalgiques les heures glorieuses du gouvernement Jospin et le rôle éminent d’un Robert Hue. Un exercice « d’analyse concrète d’une situation concrète » risque cependant de faire vaciller les espérances des unionistes les plus enthousiastes.

Prenons pour point de départ les résultats de l’élection présidentielle de 2017. Le total « gauche » s’élève à 27,67 % (de Benoît Hamon à Nathalie Arthaud), l’essentiel de ce score étant dû à la France insoumise et à ses 19,58 %. Aux élections européennes de 2019, le total gauche frôle les 32 % dans un contexte très différent de forte abstention. Le sondage Ifop-Fiducial pour CNews et Sud Radio de juin 2020 nous offre des éléments plus récents pour cerner les dimensions de cet espace politique : dans l’hypothèse d’une candidature de Xavier Bertrand pour LR, les scores additionnés des candidats de gauche atteindraient les 25,5 %. Si arithmétique et politique s’accordent souvent mal, et s’il est évident que ce sondage a été réalisé à deux ans de l’élection, dans un contexte d’incertitude radicale où les candidats ne sont pas déclarés et où aucune alliance n’a encore été formée, il apparaît néanmoins que toute notre démonstration vaut pour un espace somme toute assez réduit qui représente environ un quart de l’électorat. Si donc, toutes choses égales par ailleurs, on pouvait trouver une table suffisamment grande pour asseoir les représentants de toutes les forces politiques depuis les trotskistes jusqu’à la gauche hollandaise, que tous s’entendaient, et que les électeurs comprenaient quelque-chose à cette union bien étrange, il serait encore très difficile au candidat désigné de franchir l’étape du premier tour contre une Marine Le Pen donnée à 28 % et un président sortant à 26 %.

Face à ce constat, le partisan de la gauche plurielle est désorienté. Mais il a une idée : exclure la France insoumise de l’alliance car elle est trop populiste à son goût. Qu’il l’exclue ou non, il est plus que vraisemblable que Jean-Luc Mélenchon – qui a toujours affirmé son opposition aux primaires – parte seul et avant tout le monde de façon à reconquérir la position qui avait fait son succès en 2017 : celle de la transversalité, de la cohérence politique et d’une certaine forme de vote utile. En tous les cas, l’espace se restreint. Il est par ailleurs peu probable qu’on puisse compter sur le NPA et Lutte Ouvrière. Du côté des communistes, la base souhaite que le Parti soit présent à l’élection présidentielle, mais c’est moins certain pour la direction. Restent Génération.s, EELV, le Parti Socialiste, et d’éventuels outsiders. On ne saurait trop conseiller au premier de s’allier aux autres (et le rapprochement avec les écologistes est déjà entamé), le second sort renforcé des dernières échéances électorales et bénéficie d’une large audience dans le pays assise sur une imprégnation culturelle non-négligeable, et le troisième a au moins pour avantage de disposer de moyens financiers conséquents depuis la vente de son siège de Solférino. Olivier Faure suit pour sa part une stratégie assez simple : en bon entrepreneur disposant d’un capital de départ, il souhaite investir pour augmenter ses revenus ; de ce fait, il lui faut soutenir financièrement le candidat le meilleur, se placer en faiseur de rois et négocier un bon accord électoral aux législatives pour regagner un peu de place dans le jeu parlementaire et percevoir des cotisations d’élus. Ils sont les principaux candidats à l’organisation d’une ou plusieurs primaire(s) que pourrait venir – ou non – troubler un quelconque outsider (pourvu qu’il ne soit pas trop charismatique, car on n’aime pas les sauveurs suprêmes). Une fois sortis de l’épreuve que constitue l’organisation d’un tel scrutin, en admettant que les candidats déçus respectent leur parole de soutenir le vainqueur, que les intérêts antagoniques et les inimitiés personnelles soient dépassés par la tâche historique qui est celle des hérauts de la gauche plurielle, il leur faudra encore contester à Jean-Luc Mélenchon sa position confortable et rattraper l’avance qu’il aura pu prendre.

Si Emmanuel Macron parvient à éliminer les équipes rivales susceptibles d’émerger à droite et polarise l’élection autour d’un duel avec Marine Le Pen, il reste à espérer que le candidat de la gauche plurielle possède bien des talents cachés pour parvenir à exister dans un jeu où l’éclatement apparent des forces cache mal une tendance lourde à la bipolarisation et à la simplification des clivages politiques et sociaux.

En dernière analyse, il faudrait réussir par un miracle quelconque et sans pouvoir compter de manière certaine sur l’aide du Saint Esprit à se hisser jusqu’au second tour en éliminant Emmanuel Macron ou Marine Le Pen, pour ensuite parvenir à rallier autour de soi toutes les oppositions – quitte à ressusciter pour l’occasion l’appel à faire barrage façon Baron Noir.

En 2015, personne ne pouvait prévoir les éliminations de Nicolas Sarkozy et Alain Juppé, l’affaire Fillon, l’émergence de la France insoumise et l’élection d’Emmanuel Macron. Depuis, nous avons connu l’affaire Benalla, le mouvement des gilets jaunes, la mobilisation pour les retraites et un confinement généralisé. Si l’élection de 2022 risque d’être surdéterminée par les multiples affaires judiciaires et a toutes les chances de dérailler comme la précédente, rien ne doit être exclu. Mais l’examen rapide du chemin d’une très hypothétique union de la gauche a de quoi laisser songeur.

Ni possible, ni souhaitable

Les prochains mois seront encombrés d’appels à l’union de la gauche, mais il est probable que le temps des initiatives et des pétitions soit refermé par les élections régionales (si toutefois elles sont maintenues), mettant ainsi fin à la séquence des élections intermédiaires structurellement favorables à la relatéralisation des forces politiques et aux logiques d’alliances. Les appareils politiques reprendront le dessus et une fois les campagnes lancées et les frais de campagne engagés, les doux rêves d’union de la gauche seront définitivement enterrés. Mais tandis que s’achève notre démonstration savamment construite sur l’empilement de sophismes et de préjugés douteux qui font l’essentiel de la pensée magique de la « gauche », il nous reste à poser une question, pour tout dire essentielle. Pourquoi, au juste, ferait-on l’union ?

Les divergences entre appareils semblent insurmontables à qui prend les idées au sérieux. Qu’est-ce qui rassemble Olivier Faure et Jean-Luc Mélenchon ? La presse mainstream concentrée sur le petit jeu politicien se plaît à résumer les divergences entre partis à la bataille des egos, oubliant au passage la réalité des antagonismes qui existent sur des sujets fondamentaux. On pourrait citer la fiscalité, l’immigration, la laïcité, la politique industrielle, mais surtout et bien qu’elle soit insuffisamment prise en compte par la totalité des acteurs, c’est la question européenne qui est le véritable éléphant dans le couloir, parce qu’elle sous-tend tout et emporte tout. Sans la restauration de l’État, la sortie des traités et la reconquête de la souveraineté nationale, la « volonté politique » se résumera à un peu d’huile de coude. Mais non, le seul problème c’est que les représentants de la gauche ne se parlent pas et qu’ils ont de gros egos. Après tout, si l’on prolonge la diatribe de Philippe Rickwaert dans Baron Noir sur 1932 et la division de la gauche qui aurait permis à Hitler d’arriver au pouvoir, on en viendrait presque à penser que ce qui a manqué fondamentalement au KPD et au SPD c’est de la modestie et de l’écoute. Renouer le dialogue entre gentils, voilà ce que demande la France, voilà ce qu’exige l’Histoire. Et à la fin, que souhaite-t-on ? Un gouvernement d’union de la gauche, mais en mieux, avec à sa tête une version énervée de François Hollande, un Lionel Jospin charismatique, une Ségolène Royal radicalisée. À trop se concentrer sur le « comment » et à dessiner l’ébauche d’un patchwork de mesures gouvernementales façon programme commun revisité, le risque est grand de préparer un revivaljospiniste qu’attendent quelques militants socialistes passés à la clandestinité.

Derrière les sourires convenus des nouveaux leaders de la gauche molle, instagrammables à défaut d’être ministrables, on devine trop bien le même programme réchauffé. On relègue les renoncements passés en annexes et on se pardonne tout – ne soyons pas rancuniers. Le quinquennat Hollande, la destruction de l’État républicain protecteur ou la contribution majeure de chacun et de tous à la dislocation progressive de la France, tout est oublié ! Non, on ne regrette rien, ni les renoncements, ni les trahisons. Repartons sur de bonnes bases et votons l’absolution. On empile les mesures symboliques et les rustines pour mieux définir les contours du cache-sexe de l’euro-libéralisme qui achèvera la trajectoire historique d’une gauche moribonde arrivée en fin de course. Bien sûr, seuls 16 % des ouvriers semblent décidés à voter pour les forces de gauche (dont 10 % pour la France insoumise) contre 55 % pour le Rassemblement national (Ifop). Mais ce n’est pas grave, il faudra faire sans eux et, au besoin, contre eux. On a beau déplorer la défiance des classes populaires (que l’on a préalablement abandonnées), la leçon semble apprise : le mouvement des gilets jaunes a, de ce point de vue, représenté un basculement historique majeur. Pour la première fois la logique de l’histoire moderne s’est renversée. Le Paris révolutionnaire sanctionné par des campagnes conservatrices n’est plus ; c’est au tour de la « province » insurgée de défiler dans les beaux quartiers de la capitale sous les yeux hallucinés des bobos et sous le regard terrifié des bourgeois. L’enfermement urbain de la gauche serait-il donc d’abord un embourgeoisement ? Tout ceci importe peu. La gauche a choisi son camp. Celui des métropoles et des gens satisfaits de l’état du pays. Quoique, pas complètement satisfaits, l’homme de gauche est soucieux des autres et s’applique à évoquer, un trémolo dans la voix, le sort des plus pauvres.

Être de gauche, c’est aussi savoir rêver. Quitte à construire des stratégies politiques sur des fantasmes. La vieille habitude du déni de réalité devient une discipline olympique lorsque qu’on écoute les partisans de la gauche plurielle parler moins de deux ans après le commencement du mouvement des gilets jaunes. Le moment populiste semble refermé, la France est devenue de gauche à la faveur du confinement et puis, de toute façon, c’est bien connu, les Français n’ont-ils pas une mémoire politique d’environ six mois ? Alors on croit en sa bonne étoile et on s’accroche à ses rêves, de nouveau tout peut recommencer, on danse tant que la musique continue d’être jouée.

Il est pourtant dommage d’oublier la réalité et de refuser de se hisser à la hauteur des circonstances. La longue phase de pacification des dernières décennies s’achève, un retour de la conflictualité s’opère. Le pays n’a pas connu un tel degré de violence refoulée depuis des années et on ne traite pas ce genre de problèmes à l’homéopathie. Dans le déchaînement des passions et le trouble des circonstances, une voie se dessine pourtant. La désagrégation lente de la France laisse présager un approfondissement du moment populiste ouvert il y a peu. Que la classe politique décide de l’ignorer ou non, il s’imposera de toute façon à elle. Or sans doute est-il tout à la fois un risque et une opportunité : il est le moyen d’une rupture historique et le véhicule du retour du peuple sur la scène de l’Histoire. Ce peuple constitué en sujet du changement peut balayer toutes les prévisions et rabaisser toutes les certitudes, lui seul peut extirper la nation du monde post-historique où Fukuyama l’a placée – à raison. L’aggravation des inégalités et des tensions laisse présager le retour durable du conflit social et l’effacement progressif de l’ère post-politique. Or le rôle des institutions républicaines consiste précisément dans l’encadrement légal du conflit et dans l’expression des aspirations populaires. Il appartient donc aux dirigeants politiques conscients des enjeux présents de se porter à leur rencontre et d’agir en conséquence.

On ne fait certes pas de la politique seulement avec des chiffres, un espace peut se créer par le combat politique, la cohérence de la vision et le travail de conviction. Quant aux statistiques évoquées plus haut, elles avaient surtout pour but de rappeler que les partisans de la gauche plurielle s’agitent dans un bocal qui représente – à tout prendre – un gros quart du corps électoral. Mais il n’est pas inutile de partir de la réalité concrète avant de tirer des plans sur la comète. Plutôt que de s’acharner à tourner en rond dans leur cage pour ne pas affronter un monde extérieur plus hostile que les rives du canal Saint-Martin, ceux qui ont sincèrement à cœur d’agir pour leur nation feraient sans doute mieux de se confronter aux circonstances et de prendre en compte la radicalité ambiante, la colère accumulée et l’angoisse suscitée par le sentiment diffus d’une France qui peu à peu s’efface.

 

Première publication le 1er juillet 2020 sur https://lvsl.fr/le-grand-retour-de-la-gauche-plurielle/